Les sportifs, le temps qu'ils passent à courir,
ils le passent pas à se demander pourquoi
ils courent.
Alors, après on s'étonne qu'ils
soient aussi cons à l'arrivée qu'au départ !
Coluche
Et ben, de l'eau aura coulé sous les ponts, depuis le dernier message. Mais j'ai enfin retrouvé le sens de la parole. A croire qu'il aurait fallu que je perde mes cheveux pour retrouver la langue (en poussant un peu, je pourrais dire que j'avais un cheveu sur la langue... bon, je me calme, ne gâchons-pas ce retour avec un humour foireux). Faut dire que j'avais bien besoin d'un rafraîchissement de coupe ! Et c'est pas ma mère qui me dira le contraire. Bref, par où commencer ? Peut-être par les études ?
Je dois dire que le sérieux n'est pas un mot qui pourrait caractériser les derniers mois au niveau des études. Tout d'abord, parce que, et je dois l'avouer, je n'ai pas été très souvent en cours. J'ai perdu la motivation, et avec le rythme de vie erasmus, je préférais dormir le matin que d'aller en cours. La honte sur moi ! Enfin, je regrette un peu, mais je me disais que d'y aller ou pas, ça ne changeait pas énormément. La difficulté de la langue universitaire complique grandement la compréhension des cours. Même si désormais, je peux dire que je me débrouille plutôt bien, que l'allemand est devenu flüssig, même si encore ponctué d'erreurs, mais que j'arrive à comprendre beaucoup. Mais pas encore le langage professoral. Ou uniquement en partie. J'ai manqué beaucoup de cours, donc, mais quand même, j'y allais parfois. Notamment en cours de Littérature et Littérature enfantine, le seul qui m'intéressait vraiment, où j'ai pu découvrir des auteurs allemands, apprendre beaucoup de l'histoire de la littérature allemande. Pour les autres cours, j'avais moins d'intérêt, donc moins d'envie... Mais quand je dis que le fait de ne pas y aller ne changeait pas grand chose, je me fourvoie quand même. J'en ai conscience. Outre le fait d'apprendre, même si peu, on peut toujours essayer de s'intégrer davantage avec les élèves allemands.
Je prends pour exemple la fois où, au cours de Littérature, je suis arrivé en avance dans le but de parler un peu avec les camarades. Je dois dire que d'ordinaire, j'arrivais un peu avant le cours (souvent juste), et je ne cherchais pas à communiquer avec les élèves. Enfin, j'attendais un signe d'encouragement de leur part. Le problème, et on en est convenus en parlant entre étudiants étrangers, c'est que si tu ne fais pas le premier pas, personne ne viendra te parler. Peut-être est-ce la froideur des Allemands, mais je sais qu'en France, on chercherait plus à discuter avec le "nouveau", "l'étranger"... Ici, c'est différent. Il y a certes une curiosité, mais on dirait qu'ils n'ont pas envie de l'assouvir. Donc c'était à moi d'aller engager la discussion. Je ne me souviens plus comment, toujours est-il que j'ai réussi à échanger quelques mots, et heureuse surprise, à la fin du cours, ils m'ont invité à faire le marché de Noël avec eux. (Et oui, j'ai mis du temps avant d'essayer de discuter avec l'une de mes classes, presque trois mois). Donc, oui, j'ai merdé. J'aurais dû aller plus souvent en cours, pour multiplier les rencontres avec les "autochtones". Des rencontres, il y en a eu sinon, mais pas forcément avec des Allemands. D'autres étudiants étrangers, d'autres Français, etc.
Mais la période HTWK - l'IUT, en quelque sorte - est terminée (ou presque), et je commence mon stage en bibliothèque lundi prochain. Die Deutsche Zentralbücherei für Blinde, plus précisément. La bibliothèque pour non-voyants, donc. Mais pas uniquement. Pour malentendants également, à ce que j'en ai compris. J'avais aujourd'hui rendez-vous avec deux bibliothécaires qui y travaillent, et ils m'ont expliqué ce que je pourrai y faire. Ils ont lu sur mon CV que je trouvais un intérêt dans la musique. J'aurai donc différentes tâches à effectuer, même si c'est encore un peu flou. Herr Leopold m'a montré un travail de transcription de partition de musique à partir de l'écriture pour voyants au braille. Difficile donc, pour moi qui ne connaît, ni très bien le solfège, ni le braille. Mais ça devrait être faisable. En tout cas, ça semble très intéressant. Ils m'ont également parlé d'un travail de traduction de certaines brochures, pour le Français donc. L'ambiance y semble très bonne également. Herr Klemm, qui m'a accueilli, a la réputation d'être un déconneur. Je me réjouis déjà ! Comme disait un Autrichien du nom de Hans : "ou verra" (comprendre "on verra"). Il me traîtait aussi de "péti filou", expression qui est restée, mais là je dérive.
Enfin, ça fait une transition, car vous n'aurez pas omis de remarquer le titre de l'article, la citation ainsi que la photo qui l'accompagne. C'est qu'on dirait pas d'après la photo, mais on s'est remis au sport, Nico, Arnaud et moi. Les trois compañeros, comme on s'appelle. Faut dire qu'on a pas mal fréquenté d'Espagnols ces derniers temps... Faut dire que le premier cité sort avec Cristina Madrid, une jolie demoiselle du pays du soleil et de la siesta, qui rime aussi, et personne ne me dira le contraire (surtout pas Nicolas), avec fiesta. On a donc prévu de courir le dix kilomètres de Leipzig, jour du marathon, mais 42,195 km, ça faisait un peu trop pour nous. Quoique, Arnaud et Olivier, eux, courront le semi-marathon. Alors je me suis remis à l'entraînement, le plus souvent, j'y ai été avec Arnaud, qui court à peu près au même rythme que moi. Avec environ trois séances par semaine, parfois suivie d'une séance d'abdos, mon corps retrouve doucement sa forme. L'objectif majeur était de perdre mon ptit bidon de bière. En l'espace d'un mois et demi d'endurance régulière, objectif atteint ! Prochaine étape, les tablettes de chocolat ! Pour l'instant, j'en mange plus que je ne peux en tâter sur le corps. Mais ça viendra !
Allez, je vous laisse, et j'essaie d'écrire plus souvent, désormais. Promis !